Infections urinaires - Cystite aiguë non compliquée
4. Situations particulières
4.1. Infections récidivantes
Les cystites sont considérées comme récidivantes
à partir de 3 infections par an. Il s'agit le plus souvent
d'une infection nouvelle, et rarement d'une primo-infection qui
persiste.
Chez les femmes dont les symptômes
persistent, il faut remettre en cause le diagnostic et envisager
la possibilité d'une infection à Chlamydia, d'un germe
résistant, ou encore d'une infection compliquée.
Chez les femmes dont les symptômes
se résolvent puis récidivent, l'approche doit
être semblable à celle des infections sporadiques.
On optera d'abord pour un autre médicament parmi ceux de
premier choix.
Prophylaxie non médicamenteuse:
diverses mesures permettent de diminuer le nombre d'infections urinaires,
telles que la miction fréquente, l'arrêt de l'utilisation
du diaphragme, la miction post-coïtale et l'acidification des
urines.
Chez les femmes qui présentent 2
ou plus de 2 infections urinaires en 6 mois ou au moins 3 infections
urinaires par an, un traitement médicamenteux
prophylactique est recommandé. Trois attitudes thérapeutiques
peuvent être adoptées:
1° Prophylaxie au long cours
Ce schéma consiste en la prise quotidienne de 50-100mg de
nitrofurantoïne, ou 1-2 comprimés de cotrimoxazole.
Ce type de traitement est préconisé en cas de récidives
qui ne semblent pas liées au coït. Le traitement doit
durer au moins 6 mois, et peut être prolongé pendant
2-3 ans en cas de récurrence après un traitement de
6 mois.
2° Programme postcoïtal
Ce type de traitement permet de prévenir les infections des
voies urinaires supérieures, et consiste en la prise de 50-100mg
de nitrofurantoïne ou 1-2 comprimés de cotrimoxazole
après le coït.
3° Automédication
Ce type de prophylaxie s'adresse plus particulièrement aux
femmes qui ne souhaitent pas entamer un traitement prophylactique
tel que présenté en 1° et 2°. Ce type de schéma
suppose que ces femmes instaurent un traitement de 1 ou 3 jours
en cas de symptômes, et qu'elles contactent leur médecin
si les symptômes n'ont pas disparu endéans les 48 heures.
Ce schéma suppose une patiente compliante mais présente
l'intérêt d'une utilisation moins fréquente
des antibiotiques.
4.2. Infection urinaire chez
la femme enceinte
A. BACTERIURIE ASYMPTOMATIQUE
La bactériurie asymptomatique chez la femme enceinte est
associée à un risque non négligeable de développement
d'une pyélonéphrite aiguë (20-40% des patientes
non traitées), cette dernière étant corrélée
avec un faible poids à la naissance et une mortalité
périnatale plus élevée. La recommandation d'un
test de dépistage systématique
de la bactériurie fait l'objet de controverse, car certaines
femmes enceintes (<1%) sans bactériurie asyptomatique
développent une pyélonéphrite aiguë au
cours de leur grossesse. Le groupe de travail de l'INAMI recommande
un dépistage de la bactériurie chez chaque femme enceinte
lors de la première consultation prénatale entre la
12e et la 16e semaine au moyen d'une culture ou d'un dipslide.
En cas de survenue d'une bactériurie
asymptomatique, un traitement antibiotique doit ête mis en
place afin de réduire le risque de pyélonéphrite
aiguë, lui-même associé au risque de prématurité
et de faible poids à la naissance.
Le traitement sera à base de nitrofurantoïne ou d'une
céphalosporine. L'amoxicilline peut également être
utilisée mais le taux de germe résistants est plus
élevé.
Un traitement de 3 jours est plus efficace qu'un traitement minute
et constitue le traitement de premier choix. Un traitement de 7
jours peut également être mis en place.
Les patientes ayant présenté un épisode initial
de bactériurie pendant la grossesse doivent faire l'objet
d'une surveillance étroite (culture urinaire régulière,
second traitement en cas d'inefficacité, prophylaxie en cas
de bactériurie récidivante).
| Antibiotiques
autorisés et contre-indiqués dans le traitement
des infections urinaires chez la femme enceinte |
| Antibiotiques autorisés |
Antibiotiques contre-indiqués |
- Nitrofurantoïne
- Céphalosporines
- Amoxicilline
- Cotrimoxazole (son activité anti-folique est minimale
lors de traitements courts et aux doses recommandées) |
- Fluoroquinolones (lien)
- Cotrimoxazole durant les dernières semaines de la grossesse
(risque d'hyperbilirubinémie et d'ictère nucléaire
chez le nouveau-né)
- Fosfomycine (à éviter durant les 3 premiers
mois) |
B. CYSTITE AIGUE
L'approche thérapeutique est la même qu'en cas de
bactériurie asymptomatique: il faut instaurer un traitement
antibiotique afin de réduire considérablement le rsique
de pyélonéphrite.
4.3. Infection urinaire chez la personne
âgée
La prévalence de bactériurie chez les personnes âgées
est de 10% chez les hommes et 20% chez les femmes. Cette bactériurie
disparaît souvent de façon spontanée, sans intervention.
L'étiologie peut être différente de celle des
infections urinaires chez les personnes jeunes. Une infection à
Staphylococcus saprophyticus n'est
pas fréquente. De plus, surtout pour les personnes âgées
dans des maisons de repos, où l'incidence d'infections à
Proteus spp, Klebsiella
et Pseudomonas est plus élevée.
Les bactériuries asymptomatiques
ne doivent pas être traitées, car aucun bénéfice
n'a été démontré en terme de récurrence,
de morbidité et/ou mortalité.
Par contre, les infections symptomatiques
doivent être traitées. L'étiologie suspectée
(fonction du lieu de résidence, de la suspicion d'un germe
multirésistant,...) guidera le choix de l'antibiotique. La
durée de traitement optimale n'est pas clairement définie,
mais il a été démontré qu'un traitement
minute était moins efficace que chez la personne jeune. Un
traitement de 3 jours doit être préféré
chez les femmes. Les hommes devraient être traités
pendant 10-14 jours (à cause du risque d'infection prostatique).
Pour rappel, la nitrofurantoïne est contre-indiquée
en cas d'insuffisance rénale (risque de neuropathie périphérique).
Elle est également inefficace dans cette situation (concentration
urinaire insuffisante).
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aiguës non compliquées
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